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Le « swedish dad »

Le « swedish dad »


 

Une chose qui frappe généralement les visiteurs en Suède, c’est tous ces jeunes pères qui poussent des voitures d’enfant.

Historiquement, le phénomène est assez récent, même si les législateurs suédois se préoccupent depuis longtemps de la condition paternelle.

 

Dès 1917, le droit de l’enfant à son père a été inscrit dans la loi, de sorte que les pouvoirs publics veillent à ce que la filiation de l’enfant soit établie, pour qu’il ait un père mais aussi pour que les mères célibataires puissent obtenir une aide matérielle pour élever l’enfant.

Les papas suédois sont financièrement encouragés à rester chez eux. Le but, clairement formulé, est d'émanciper les femmes et d'obtenir la parité, désirée pour des raisons idéologiques, mais aussi économiques. Des mesures qui garantissent au pays la première place du classement de taux d'activité des femmes.


En termes de parité, il est bien connu que les pays nordiques ont beaucoup d'avance  sur le reste de l’Europe et la France. Un exemple autre que la passion assumée du Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt pour l’aspirateur et les tâches ménagères ? L’encouragement de la Sécurité sociale à partager équitablement le congé parental de 16 mois , à diviser entre les deux parents. Pour l’instant, les mamans en prennent plus de 75%. S’il est équitablement réparti entre le père et la mère, le couple perçoit un bonus financier . Pour un jeune papa interrogé par Libération , cette somme représente 120 euros par mois en plus : « On l’aurait fait sans, mais ça aide », explique-t-il. 

Le « swedish dad »

La création du congé parental

Même si les pères avaient formellement la responsabilité de leurs enfants, il était rare jusque vers la fin des années 1960 de les voir dans la rue avec un landau, mais depuis 1974, l’évolution du rôle paternel est aussi entrée dans la loi. C’est à cette date qu’a été mise en place l’assurance parentale, qui prévoyait un congé indemnisé par l’État – actuellement de 80 % du salaire pour un niveau de revenu normal – que les parents pouvaient se partager selon leur gré. Le congé paternel, une première mondiale, était entré dans les faits.

« C’était une décision politique très courageuse du gouvernement d’Olof Palme », dit Lars Jalmert, spécialiste de la condition masculine. « L’opinion n’était pas mûre, mais le gouvernement avait compris qu’il n’y aurait pas de véritable égalité des chances tant que les pères ne s’occuperaient pas davantage de leurs enfants. Les politiques ont eu le courage de montrer la voie. »

Le « swedish dad »

Plus d’emploi pour les femmes

En plus du congé parental, plus avantageux que dans d’autres pays européens, l’enfant a la possibilité d’être pris en charge dès l'âge d'un an,pour un coût très réduit . Lars Plantin, sociologue à l’Université de Malmö, avance que le pays « n’a pas les moyens de laisser la moitié de sa population en marge du marché du travail". 
Il analyse les avantages alloués aux pères : « Il ne s’agit pas de laisser les hommes à la maison mais de faire travailler plus les femmes  » Une mesure efficace, puisque la Suède jouit du taux d’activité féminine le plus élevé de l’Union Européenne, avec 77,2% en 2011 selon Eurostat.

Le « swedish dad »

Une résistance par les entreprises.

Une résistance contre le congé parental persiste dans beaucoup d’entreprises, mais il y a aussi des employeurs qui ont décidé d’encourager les jeunes pères à prendre leur congé paternel en complétant l’indemnité parentale à hauteur du salaire normal et en faisant du congé un atout pour l’évolution de carrière.

Un intense débat se poursuit en ce moment au sujet d'une individualisation de l’assurance parentale qui consisterait à attribuer la moitié du congé au père et la moitié à la mère, sans possibilité de transfert.

Les pères suédois, à l’aune internationale, partagent largement la responsabilité pratique des soins aux enfants. Même si les mères continuent de rester plus longtemps à la maison avec leur nouveau-né, les deux parents se partagent plus équitablement les soins aux enfants malades – jours de congé indemnisés par l'État – et ils se chargent presque aussi souvent l'un que l'autre de déposer et de chercher les enfants à l'école maternelle et à l'école.

 

Le « swedish dad »

Le modèle glorieux du papa suédois

Le « swedish dad » s’impose comme un modèle. À l’heure où, en France, le magazine Famili est taxé de sexisme avec des contenus qui semblent uniquement destinés aux mamans,un magazine intitulé "Pappa"  est destiné, depuis 2011, aux hommes qui « aspirent à accorder du temps à leurs enfants ». Sur la toile, les blogs de paternité fleurissent. Un ouvrage intitulé Swedish Dads  propose même des photographies de ces papas poules et illustre la relation privilégiée qu'ils entretiennent avec leurs enfants . Johanna Karlsson, qui a produit le livre avec son mari Henrik, confie : « Je pense que la Suède peut apprendre au reste du monde  qu’il est possible d’avoir un système de congé parental et non pas de congé maternité ».

 

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